Test du NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR : Le Couteau Suisse de la Polyvalence
Dans l'univers de la photographie, la quête de l'objectif unique, capable de tout faire, est un mythe tenace. Pourtant, Nikon s'en approche avec le NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR, un superzoom qui promet une polyvalence sans précédent pour les appareils hybrides plein format de la monture Z. Avec une plage focale impressionnante de 14,2x, cet objectif s'adresse aux photographes voyageurs, aux amateurs de nature et à tous ceux qui souhaitent voyager léger sans sacrifier la portée. Mais un tel grand écart optique se fait-il au détriment de la qualité ? Analyse d'un objectif de compromis, mais de compromis intelligents.
Prise en main et construction
Au premier contact, le NIKKOR Z 28-400mm surprend par sa relative compacité et son poids contenu. Avec ses 725 grammes, il reste remarquablement maniable pour un objectif atteignant 400mm. Bien entendu, il est plus imposant qu'un zoom transtandard classique, mais l'alternative — emporter un 24-120mm et un 100-400mm — serait bien plus lourde et encombrante. L'équilibre sur un boîtier de la série Z est bon, même si l'objectif se déploie considérablement en deux sections lorsqu'on zoome vers la focale maximale. Nikon a judicieusement inclus un commutateur de verrouillage pour éviter que l'objectif ne s'allonge de manière intempestive pendant le transport.
La qualité de construction est sérieuse. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un objectif de la gamme S, il bénéficie d'une protection contre la poussière et l'humidité, un atout indispensable pour un objectif destiné à l'aventure. La bague de zoom est large et offre une résistance bien dosée. Une seconde bague, plus fine, est personnalisable et peut être assignée au contrôle de l'ouverture, de la sensibilité ISO ou de la compensation d'exposition. Le filetage pour filtre de 77 mm est un standard courant, ce qui facilite l'achat de filtres polarisants ou ND.
Performances optiques et autofocus
Le principal attrait de cet objectif est sa plage focale monumentale. Passer d'un grand-angle modéré de 28mm, idéal pour les paysages ou les scènes de rue, à un super-téléobjectif de 400mm, parfait pour la faune ou les détails architecturaux lointains, offre une flexibilité créative immense. C'est le compagnon idéal pour ne jamais rater une photo par manque de portée.
Cependant, cette polyvalence a un prix, qui se mesure principalement sur deux aspects : l'ouverture et la netteté absolue. L'ouverture variable de f/4 à f/8 est le compromis le plus significatif. Si f/4 à 28mm est tout à fait respectable, l'ouverture glisse rapidement pour atteindre f/8 à la focale de 400mm. Cela signifie que l'objectif a besoin de lumière pour s'exprimer pleinement. En plein jour, les résultats sont excellents, mais en conditions de faible luminosité (intérieur, crépuscule), il faudra inévitablement augmenter la sensibilité ISO de l'appareil, avec les conséquences que cela implique sur le bruit numérique.
En termes de piqué, le Z 28-400mm s'en sort honorablement. Le centre de l'image est net sur la majorité de la plage focale, en particulier entre 28mm et 200mm. Aux extrémités, notamment à 400mm et à pleine ouverture (f/8), une légère baisse de contraste et de netteté est perceptible, surtout sur les bords de l'image. Ce comportement est typique des superzooms et la performance reste tout à fait exploitable pour la plupart des usages. La présence de lentilles en verre ED et asphériques permet de bien maîtriser les aberrations chromatiques et la distorsion, qui sont de toute façon efficacement corrigées par les profils de boîtier.
Le moteur autofocus de type pas-à-pas (STM) est silencieux et fluide, ce qui en fait un bon allié pour la vidéo. Pour la photographie, il se montre réactif et précis dans de bonnes conditions lumineuses. Il ne rivalise pas avec la vélocité des objectifs S-Line équipés de moteurs plus puissants, mais il s'acquittera sans peine du suivi de sujets modérément rapides.
Heureusement, pour compenser la faiblesse de l'ouverture, Nikon a intégré une stabilisation optique (VR) très performante, annoncée pour un gain de 5,0 stops. Dans la pratique, ce système est d'une efficacité redoutable et permet de réaliser des clichés nets à main levée à 400mm avec des vitesses d'obturation étonnamment basses, à condition que le sujet soit statique.
Domaines d'application
Là où le NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR excelle, c'est dans sa capacité à s'adapter à une multitude de scénarios :
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Voyage : C'est son terrain de jeu de prédilection. Il permet de capturer un paysage grandiose à 28mm, puis de zoomer instantanément sur un détail architectural ou un portrait de rue sans jamais changer d'objectif. Sa légèreté et sa protection tout-temps en font le parfait baroudeur.
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Photographie animalière et de nature : Pour une sortie en safari ou une randonnée, il offre la portée nécessaire pour photographier des animaux à distance de sécurité, en pleine journée. Sa distance de mise au point minimale très courte (20 cm à 28mm) et son rapport de grossissement maximal de 0,35x ouvrent également la porte à la proxiphotographie de fleurs ou d'insectes, ajoutant une corde de plus à son arc.
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Sports et événements en extérieur : Pour les sports de jour (football, athlétisme) ou les événements en plein air, sa polyvalence est un avantage certain. Il permet de varier les plans, du large au très serré, sans bouger de sa place. Son ouverture limitée le rendra cependant moins adapté aux gymnases ou aux concerts.
Conclusion
Le NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR est une démonstration d'ingénierie optique au service de la praticité. Il ne prétend pas offrir le piqué chirurgical d'une focale fixe ou d'un zoom de la gamme S, ni la luminosité d'un objectif à f/2.8. Son ambition est ailleurs : offrir la plus grande polyvalence possible dans un format unique, léger et bien construit.
Pour le photographe qui privilégie la flexibilité, la spontanéité et la légèreté sur la performance optique absolue, cet objectif est une solution quasi parfaite. C'est l'outil idéal pour le voyageur qui veut être prêt à tout, pour le parent qui photographie les activités de ses enfants en extérieur, ou pour l'amateur de nature qui ne veut pas s'encombrer. En acceptant ses limites, principalement son besoin de lumière, on découvre un compagnon de route exceptionnel qui ne laissera que rarement une photo hors de portée.
